1817, le poète Samuel Taylor Coleridge pose et définit le terme :

La suspension de l’incrédulité, ou une suspension volontaire d’incrédulité est un élément important dans la création : elle constitue la foi poétique. Cela représente le fait que le spectateur/public admet une chose improbable, voire impossible ; elle permet de s’immerger grâce à l’imagination (une sorte d’opération mentale) sans, et en oubliant volontairement, la nécessité de justifier le contexte dit réel, de mettre de côté le scepticisme. C’est une forme de consentement de la part du public, qui a besoin par ailleurs de stéréotypes pour appuyer ce consentement. C’est un pacte implicite. Elle sollicite une implication émotionnelle pour ne pas paraître un simple assemblage d’artifices.

Le mannequin « retail », le faon taxidermisé sont des stéréotypes, des représentations de mondes en représentation d’eux-mêmes. Ils évoquent des peaux vides, neutres, démunies de toute vie malgré leur tentative d’imitation. Leur interaction en un corps mutant/mêlé provoque un questionnement, induit par la rencontre de deux entités en opposition et pourtant reliées par un message commun : « I’ve Got You Under my Skin » fait office de liant mental, une ellipse colorée comme un gimmick, une clé d’accès aux niveaux de lectures inclus dans la pièce : l’impossibilité de l’amour, l’impossibilité de dépassement de notre condition de corps, l’impossibilité de remettre en question notre capacité à nous déplacer hors de notre condition dite humaine. Pourtant l’impossibilité de nos imaginations à dépasser le réel nous place en capacité de croire par nous-mêmes en nous-mêmes.

LA SUSPENSION DE L'INCRÉDULITÉ

sound sculpture

180 x 80 x 60cm
160 x 60 x 60cm
80 x 60 x 60cm

 

40th anniversary of the Centre Pompidou

" Traversée  Ren@rde "
Centre d'Art Transpalette, Bourges. 

2017

http://traversees-renarde.fr